Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Les Conférences

 

 

 

De la rentrée d'octobre au mois d'avril, la Société organise

une réunion mensuelle

de tous ses membres, de 14h30 à 17h, dans l'enceinte de l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon. Les sujets très variés, qu'un support iconographique agrémente souvent, sont exposés par des conférenciers membres de la Société ou extérieurs, sous la seule responsabilité des auteurs.

 

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Une économie du face-à-face ?

Acheteurs et vendeurs sur les marchés et foires du Maine au XVIIIe siècle

 

Benoît Musset

 

Comme toutes les régions au XVIIIe siècle, le Haut-Maine est quadrillé par un réseau de foires et de marchés. Ces lieux concentrent une partie importante des échanges marchands, alliant le commerce des animaux, des subsistances (grains, beurre, œufs…) et des « commodités » (fils, étoffes, objets divers…).

Au fil des semaines, les marchés et foires mettent en contact un grand nombre d’acheteurs et de vendeurs qui concluent des transactions autour d’un prix. Mais cette mécanique simple d’apparence, résumée au détour d’une page d’Adam Smith par la métaphore de la « main invisible », repose ici sur un grand nombre de règles, de normes, de pratiques techniques, sociales et parfois morales intériorisées par les acteurs du commerce.

Individuellement et collectivement, ceux-ci appliquent une véritable grammaire des échanges, qui va de l’appréciation et la connaissance des marchandises à la négociation du prix, pour aboutir à la conclusion du marché. A chaque étape s’imposent des normes, interviennent des tiers facilitant ou compliquant l’échange, constituant autant de petites mains visibles organisant une harmonie plus ou moins aboutie de l’économie marchande. C’est à partir des archives consulaires (tribunal de commerce) que nous tenterons d’entrer dans cet univers économique parfois différent et parfois tellement semblable au nôtre.      

 

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Les délits forestiers dans le Haut-Maine au XVIIIe siècle

 

Mathilde Plais

 

Bien que révélatrice d’enjeux majeurs relatifs aux espaces forestiers, l’activité de la Maîtrise particulière des Eaux et Forêts du Mans était jusqu’à présent quasiment inexistante des études historiques.

L’angle des délits forestiers permet une plongée totale dans les logiques sociales et judiciaires du XVIIIe siècle. À travers les archives judiciaires de la maîtrise et au prisme de l’Ordonnance de 1669, il s’agit de comprendre qui sont ces hommes qui coupent du bois illégalement et dans quel dessein.

Saisir la délinquance forestière du XVIIIe siècle, c’est expliciter et interpréter la dégradation du couvert forestier par les haches autant que par le bétail. Enjeu majeur et stratégique, la matière ligneuse est l’objet de représentations aussi différentes que d’usages. Cette prise en compte des considérations économiques et environnementales est complétée par la richesse des enjeux sociaux alors exacerbés. Les stratégies judiciaires sont le reflet de comportements et de mentalités s’insérant dans la vie des sociétés rurales du Haut-Maine.

Au fil des récits de ces affaires, c’est tout un univers, tout un ensemble de relations qui lient l’Homme à la forêt qui est donné à voir.                                                                                               

 

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Yzeuville : le patrimoine ordinaire et l’histoire sociale d’un quartier du Mans

 

Baptiste Louveau

 

Le quartier d’Yzeuville, aussi paisible que méconnu, isolé à l’est du Jardin des Plantes, porte dans ses bâtiments une histoire singulière autant que commune. Fruit du désir de son original et truculent fondateur Ambroise Yzeux, qui modèle ce quartier ex-nihilo en 1922, Cet espace est un exemple classique de lotissement de l’entre-deux-guerres, période aux besoins constants en logements.  

Ce faubourg, situé sur l’ancienne commune Sainte-Croix, s’inscrit dans une logique généralisée d’étalement urbain et de volonté d’accès à la propriété privée. Il s’inscrit surtout dans une histoire locale marquée par le dynamisme économique, l’insalubrité du Vieux Mans de l’époque et une mixité socio-professionnelle forte. Un inventaire du patrimoine mené sur le quartier, autour de cette période de l’entre-deux-guerres, a permis de révéler dans l’architecture même des bâtiments (logements, espaces conviviaux, ateliers, école) tout ce contexte et cette histoire sociale.

Ce patrimoine ordinaire, qui est toujours un lieu de vie actif, est à redécouvrir pour ce qu’il est : un espace cohérent et révélateur d’une époque.                                                                            

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Les très riches heures de la métallurgie en pays manceau

 

 Philippe Legroux

 

Vers le VIIe siècle avant JC, moment de l’apparition de la métallurgie en Europe, le Maine connaît une importante activité métallurgique basée sur la réduction directe du métal. Les fouilles effectuées lors des travaux de la construction de l’autoroute A 28, puis de la LGV Paris-Rennes ont mis à jour de nombreux bas-fourneaux sur les communes voisines.

Les Celtes installés dans la région d’Aigné, La Milesse, y ont creusé des mines (extraction de notre roussard) et de nombreux bas fourneaux de plus en plus perfectionnés produisant du fer.

Ces sites resteront en activité jusqu’au Moyen Âge avec l’exploitation de nouveaux gisements (La Bazoge). Devant un accroissement de la demande et la nécessité de meilleurs rendements, les bas fourneaux laissent la place aux hauts fourneaux, plus performants, produisant de la fonte, mais nécessitant la présence d’un cours d’eau pour actionner les différentes installations (fusion, laminage, forgeage ou moulage).

En 1618, Jean III de Beaumanoir, ami d’Henri IV, donne à bail l’exploitation d’une « grosse forge » sur le site d’Antoigné. Elle restera la propriété de la famille jusqu’en 1791, date de leur mise sous séquestre. Le premier maître de forge, Raoul de La Royrie sera suivi de 31 autres. Parmi les plus notoires : Victor Doré et ses descendants : Armand Chappée et ses fils.

En 1859, le haut fourneau étant détruit par le feu, V. Doré le reconvertit en fonderie de seconde fusion, installant deux cubilots. Profitant de l’essor des chemins de fer, la « Forge » produit 24 tonnes de fonte/jour. Armand Chappée lui succède en 1875. Il développe le site d’Antoigné jusqu’à en faire une des premières fonderies de l’époque. En 1897 il ajoute au catalogue les célèbres radiateurs en fonte qui seront la gloire et le désespoir du site.

Devenus monoproduction suite au rachat par la SGF (Société Générale de Fonderie) de la société « Chappée et fils », calamiteusement gérée par Jules Chappée et ses fils, les crises pétrolières, l’apparition du radiateur tôle et le chauffage électrique auront raison d’une usine fabriquant 400 000 éléments de radiateurs/jour ! La fermeture définitive intervient en 1984.

C’est ainsi qu’une industrie née en 700 avant JC, dans la région d’Aigné et La Milesse, migrera suite à une évolution technologique majeure vers le site d’Antoigné et perdurera durant plus de 2 500 ans dans la région du « Pays manceau ».                                                                                             

 

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« La Sarthe sous les bombes »

 

Alain Moro

 

2020 la sarthe sous les bombes

 

 Bien que bombardée à 33 reprises par l’aviation alliée, la ville du Mans a subi  peu  de   destructions tant matérielles qu’humaines. Les premiers  bombardements  furent opérés   le 4 mars 1943 sur la gare de triage

 Le 9 mars les ateliers de l’usine Renault, puis le terrain d’aviation et l’usine voisine   "Gnome et Rhône"qui fabriquait des moteurs d’avion firent partie des cibles.

 Ces opérations visaient des zones stratégiques toutes situées à l’extérieur et au sud de   la  ville, zones que les habitants vont chercher à quitter.

 Malgré tout, le 7 mars 1944, les bombes touchèrent le carrefour Mariette-Bollée. Le   dernier bombardement se déroula, le 6 août 1944, deux jours avant la libération de la ville, dans le quartier de Sainte-Croix-boulevard du général de Négrier.

 

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182 ans d'histoire de l'école Sainte Croix à l'établissement saint Charles - Sainte Croix

Jean-Noël Lesellier

 

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L’établissement scolaire, connu sous le nom d’établissement Saint-Charles – Sainte-Croix depuis 2013, est le fruit d’une longue histoire qui a commencé en 1836.

L’abbé Basile Moreau a tout d’abord créé un pensionnat primaire.

Cette école, appelée Notre-Dame de Sainte-Croix, devient en 1850 un collège de plein exercice préparant au baccalauréat. Mais, confrontée à des difficultés financières, la congrégation des pères de Sainte-Croix, fondée par le père Moreau, ferme l’établissement en août 1868. Les bâtiments sont vendus. À l’initiative de l’évêque du Mans, Mgr Fillion, les jésuites, incités par le pape Pie IX, rouvrent l’établissement en octobre 1870. De 1870 à 2013, Sainte-Croix a considérablement évolué. Il a d’abord connu l’occupation prussienne en 1870, puis l’interdiction des jésuites en 1881, l’expropriation en 1911 avec un premier déménagement  rue Prémartine, dans le couvent désaffecté des capucins. Réquisitionné fin  1914, il s’installe au bout de l’avenue Bollée où il est encore actuellement.

Durant ces périodes, de nombreuses constructions ont été réalisées pour faire face à une demande accrue, notamment de familles extérieures à la Sarthe qui souhaitaient mettre leurs garçons en pension chez les jésuites en raison de leur réputation de formateurs.

En 1969, Sainte-Croix devient lycée en cédant ses classes de collège à l’institution Saint-Louis et en recevant de ce dernier, les classes de second cycle. À partir de 1977, il ferme progressivement son internat et devient mixte. En 2011, Il intègre ce qui reste de l’Institution Sainte-Anne devenue école primaire, située avenue Bollée. En 2012 les établissements Sainte-Croix (devenu lycée) et Saint-Charles, situé à proximité, avenue Bollée fusionnent.

Le pensionnat primaire de 1836 est devenu un établissement d’enseignement polyvalent, général, technologique et professionnel de la maternelle au bac + 3, mais sans collège (classe de la 6ème à la 3éme) accueillant plus de 1500 élèves et étudiants.

En février 2013, la Compagnie de Jésus abandonne la tutelle de l’établissement au diocèse du Mans. Les jésuites étaient confrontés à une baisse de leurs effectifs et s’orientaient vers les pays en voie de développement. L’établissement Saint-Charles – Sainte-Croix s’inspire encore aujourd’hui de la pédagogie jésuite : présupposé de bienveillance, cura personalis, (attention personnelle à chacun), Magis (faire plus et mieux), méthode de la relecture, travail de groupe, apprentissage de la responsabilité, importance accordée aux sports d’équipe et au théâtre, discipline personnelle, etc…

Aujourd’hui, l’établissement Saint-Charles – Sainte-Croix est réparti sur 3 sites : une école maternelle et primaire dont l’entrée principale est située rue de Malpalu, un lycée général, technologique et professionnel auquel on accède par la rue Antoine de Saint-Exupéry (anciennement rue des Vignes), un « campus sup » qui regroupe les formations supérieures au bac tant en formation initiale qu’en alternance, installé avenue Bollée. En janvier 2020, d’importants travaux immobiliers ont démarré sur le site situé rue Saint-Exupéry et dureront jusqu’en 2022. Ils se situent dans le prolongement de l’extension de la construction des nouvelles salles d’équipements sportifs, entrées en service en 2018. 

 

 

 

 

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Archives des conférences 2019

 

Archives des conférences 2018

 

Archives des conférences 2017

 

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29/12/2021
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