Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

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Les conférences

     De la rentrée d'octobre au mois d'avril, la Société organise

une réunion mensuelle

de tous ses membres, de 14h30 à 17h, dans l'enceinte de l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon. Les sujets très variés, qu'un support iconographique agrémente souvent, sont exposés par des conférenciers membres de la Société ou extérieurs, sous la seule responsabilité des auteurs.

 

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Le 14 Octobre 2017

 

L’héraldique ou la connaissance de l’étude des armoiries

par Martial de Kermarec.

 

L'héraldique, science des armoiries et des blasons est considérée comme une science auxiliaire de l'Histoire, au même titre que la généalogie, la sigillographie ou encore la numismatique. Les historiens, professionnels ou simples passionnés, rencontrent dans leurs recherches ou leurs lectures ces dessins circonscrits dans des écussons : ils se posent de nombreuses questions sur leur origine et leur symbolique mais sont désarmés pour trouver les réponses adéquates.

S’il est relativement aisé de les dessiner grâce aux logiciels informatiques, il en va autrement quand il s'agit de prouver que l'on connaît les règles impératives qu'il faudrait maîtriser. Voilà la différence entre "artiste" héraldiste et "historien" héraldiste. Science complexe et ancestrale aux règles et langage hermétiques, l'héraldique est née d'un besoin simple : reconnaître des guerriers lors des batailles.

Longtemps, de nombreuses hypothèses coexistèrent pour tenter d'expliquer l'origine de l'apparition des armoiries : inventées par Adam, Noé, César ou Charlemagne, issues de symboles décoratifs antiques, orientaux ou scandinaves. Nous connaissons aujourd'hui les raisons de leur existence.

Durant la deuxième moitié du XIe siècle, l'évolution de l'équipement militaire (haubert de mailles fendu, casque à nasal) rendit les visages des chevaliers, cavaliers et seigneurs difficilement reconnaissables dans les mêlées. On se souvient de l'épisode de la bataille de Hastings, en 1066, où les troupes normandes crurent que leur duc Guillaume avait été tué : celui-ci dut alors relever son casque pour se faire reconnaître et ainsi prouver qu'il était bien vivant.

Les armoiries sont absentes pendant la première croisade (1096-1099) mais présentes lors de la seconde (1147-1149). Les premières représentations armoriées sont sigillaires équestres et remontent à environ 1135 pour une bannière et 1146 pour un écu.

 

L'émail Plantagenêt, conservé par la ville du Mans au Carré Plantagenêt, est la plus ancienne représentation d'armoiries en couleur. Fabriqué dans les années 1160, il représente le comte du Maine et d'Anjou Geoffroy V (1113-1151) portant un écu armorié qui se blasonne ainsi : "d'azur aux huit lionceaux d'or, posés 4, 2 et 2". Mais l'émail est une effigie funéraire réalisée postérieurement au décès de Geoffroy. Un sceau daté de 1149 nous montrant son écu vierge d'armoiries, il est probable qu'il n'en a jamais porté de son vivant.

Diffusion : Initialement destinées à identifier les guerriers sur les champs de batailles, les armoiries ont vite été représentées sur les sceaux se transformant ainsi en signe de reconnaissance individuels. Elles se développent parallèlement aux noms de familles et deviennent héréditaires et marques de lignages.

Elles se diffusent rapidement dans toute la société médiévale et sont, au milieu du XIIe siècle, adoptées par les femmes, les corporations, les ecclésiastiques et communautés religieuses, les bourgeois et les paysans. Elles n'ont jamais été réservées à la noblesse puisque sur environ un million d'armoiries du Moyen Age recensées, 50% appartiennent à des non-nobles.

 

 

Armoiries de la ville du Mans

Armoiries de la Sarthe

 

    

Les hérauts, à l'origine simples messagers, se font (dès le dernier quart du XIIe siècle) une spécialité de la reconnaissance des armoiries et de ceux qui les portent lors des guerres et des tournois. Ils créent un langage et des règles dont la complexité volontaire leur assure l'exclusivité de leur nouveau rôle.

 

 

                                                            

 

 

 

 

Quelques règles et termes : Les armes ou armoiries se dessinent sur des écus (sauf pour les paysans qui n'affectionnaient pas cet attribut guerrier) et se composent de couleurs et d'objets héraldiques.

Les couleurs se décomposent en émaux principaux : azur (bleu), gueules (rouge), sable (noir) et sinople (vert), émaux secondaires (pourpre, sanguine, carnation, orangé, brun, fer, etc…), métaux (or-jaune et argent-blanc) et fourrures (hermines, herminé, vair, vairé, contre-vair, etc…). La règle de base exclut de superposer émail sur émail ou métal sur métal. Quand cette règle n'est pas respectée, cela impose de s'enquérir des raisons et les armes sont ainsi dites "à enquerre". Le développement de l'imprimerie à partir du milieu du XVe siècle permet de publier et diffuser des armoriaux en noir et blanc ; pour reconnaître les couleurs, on invente alors un système de hachures et points nommés "guillochis".

Sur ces couleurs que l'on peut répartir de différentes manières, peuvent être placés des "meubles" de tous types : animaux (lions, ours, léopards, aigles, etc…), végétaux (roses, fleurs de lys, quintefeuilles, etc…), figures (humains ou êtres mythologiques comme les sirènes) et objets (étoiles, croissants, annelets, besants, macles, etc…).

Autour de l'écu peuvent prendre place des ornements extérieurs : timbres (casques, couronnes, cimiers), cris et devises, ou insignes de dignité (ordres ou décorations militaires, bâton de maréchal, chapeau de cardinal, épée de connétable, etc…).

 

 

 

 

 

 

 

Aspects juridiques : Sous l'Ancien Régime, chacun était libre d'adopter des armoiries sous la seule condition de ne pas prendre celles d'autrui. L'Assemblée Constituante, le 19 juin 1790, décrète la suppression de la noblesse héréditaire, des titres honorifiques et de leurs attributs. Assimilant par ignorance les armoiries à ces derniers, les révolutionnaires procèdent à des destructions ou effacements dont les conséquences néfastes pèsent lourdement sur les recherches des historiens. Napoléon Ier restaure la noblesse héréditaire le 1er mars 1808 et crée un nouveau système héraldique très règlementé basé sur la représentation des fonctions personnelles. La Restauration rétablit le système d'Ancien Régime avec les mêmes règles de possession.

De nos jours, chacun est libre de prendre des armoiries si elles ne sont pas déjà la propriété d'autrui. La règle de possession est l'antériorité : pour s'assurer de celle-ci, le mieux est de déposer ses armoiries auprès d'un notaire : la date certaine du dépôt fera foi devant un tribunal si besoin. S'il n'y a plus aujourd'hui en France d'autorité légale pour faire respecter les règles héraldiques, il est mal vu, voir ridicule, qu'un roturier prenne des marques de dignité nobiliaire comme une couronne ou un heaume. Il en va de même des médailles dont le port est strictement règlementé et l'usurpation sévèrement réprimée par la loi.   

 

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Le 1er avril 2017

 

Jean-Pierre Epinal nous a fait revivre

 

"Le Mans au temps des canotiers"

 

 

 

Phénomène parisien à l’origine, promu par des hommes de lettres tels Théophile Gautier, Alphonse Karr ou Léon Gatayes, le canotage a été immortalisé par la peinture de Manet ou de ses amis impressionnistes (Monet, Renoir ou Caillebotte). « Exercice de la promenade en canots conduits par les promeneurs » (Larousse, 1867), il répond aux besoins d’efforts physiques et d’aventure. Au Mans, de la Seconde République à la Belle Époque, les restaurants des bords de l’eau se multiplient et font florès en drainant les citadins en quête de dépaysement.

 

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Simple buvette d’été en 1850, le cabaret de Joséphine Savarre (Fifine), au Moulin-l’Évêque, connaît un succès tel qu’il se trouve porté à la scène, ainsi que sa propriétaire, dans la Revue de 1871 !

 

À la Barrière d’Enfer, Joseph Ory ouvre, vers 1864, un restaurant et loue des embarcations ; s’y adjoindra, en 1878, une salle de bal. En 1894, fondé par Eugène Moreau, apparaît le restaurant du Moulin-aux-Moines

 

Au cœur de Pontlieue, de part et d’autre de l’Huisne, deux grands établissements marquent le paysage de leur empreinte : le Restaurant Le Cotey (1871-1897), fondé par Jules Rivière vers 1848 et surtout le Restaurant de l’Huisne. Créé par René Pichereau vers 1859, c’est un lieu festif sous le Second Empire. Banquets, bals, jeux nautiques et feux d’artifice s’y succèdent à la belle saison. Pour découvrir les régates, les Manceaux devront toutefois attendre 1885 et l’inauguration du monument Chanzy.

 

 

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                                 Au Moulin aux Moines

 

Règne de la vie galante et parfois de la turbulence, le monde des canotiers connaît ses idylles et ses conflits avec les pêcheurs ou les rouisseurs de chanvre tout autant que ses drames. Ainsi la noyade emporte-elle, en 1916, Henri Vallée, le génial mécanicien qui emmenait les Manceaux à la Raterie, au même titre que de jeunes imprudents, inconscients des dangers de l’aviron

Bien que certains restaurants du bord de l’eau aient pu perdurer jusqu’au milieu du XXe siècle, le canotage semble s’essouffler à la Belle Époque ; le développement de la bicyclette après 1880, de l’automobile après 1890, ouvraient aux plus favorisés de nouveaux horizons.

 

 

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le  4 mars 2017 

 

 Thierry Gouault nous a présenté en homme passionné

 

Le collège-séminaire du Mans sous l’Ancien Régime (1624-1792)

 

L’intervenant propose une balade historique en trois parties sur les trois thèmes de son travail de recherche.   

                                        

La première partie aborde l’importance du rôle de l’évêque dans l’installation des Oratoriens au Mans. Le débat « gallicanisme et ultramontanisme » s’est imposé légitimement. Rattacher l’établissement à l’autorité épiscopale du diocèse est allé de pair avec l’application de la réforme tridentine au collège manceau. L’évêque du Mans, Mgr Charles de Beaumanoir de Lavardin, qui a fait venir de Paris la congrégation de Pierre de Bérulle, appartenait à une vieille famille très proche du réseau des anciens ligueurs. Son père, Jean III, marquis de Lavardin, était un familier du duc de Joyeuse.

L’étude sur le temporel a été nécessaire. Le collège du Mans a connu d’importantes difficultés financières liées surtout aux investissements immobiliers. Le contrat d’installation, en 1624, était limpide : la gestion de l’établissement revenait à la Congrégation et non à l’évêque ou à la municipalité. Au XVIIIe siècle, les effectifs baissant, les supérieurs durent faire appel à la ville pour trouver des solutions. Il a été demandé au conseil du roi Louis XV d’instaurer dans le Haut-Maine, une capitation sur les nobles, les bourgeois. Ce transfert progressif du temporel aux édiles du Mans et à l’État préparèrent vraisemblablement dans certains esprits, l’idée « laïque » de séparation des fonctions : à la municipalité (comme chez les Jésuites) le temporel ; aux Oratoriens, l’éducation et la spiritualité des élèves.      

     

                                                                                                                                                                                                                                          

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                                      Pierre de Bérulle                                           Médiathèque Le Mans cote Maine 955

                                                                                                                                                                                                                                       

  Les supérieurs, les préfets, les professeurs. Qui étaient-ils ? Quels étaient leurs enseignements ? Était-ce un établissement sévère ? L’idée forte qui se dégage est que les Oratoriens ne restent jamais bien longtemps en fonction au Mans. À peu près trois ans en moyenne ! Les supérieurs doivent garantir un bon niveau d’instruction, assumer les choix pédagogiques des enseignants, calmer les ardeurs jansénistes de certains professeurs et gérer le temporel. Les préfets assurent la discipline et ont des responsabilités pédagogiques. Les régents transmettent leurs savoirs et connaissances aux élèves dans un collège de plein exercice. Ce qui a été révolutionnaire est l’enseignement de nombreuses disciplines en français à partir du XVIIIe : l’histoire, la géographie, la rhétorique et même la philosophie (en fait les sciences physiques et les mathématiques).                                                                                                                                                          

Le titre de la troisième partie peut paraître surprenant : la spiritualité à rude épreuve. La laïcisation importante du corps enseignant a modifié les comportements spirituels : les esprits se sont sécularisés et les supérieurs durent adapter le règlement bérullien à de nouveaux comportements.

Le contexte janséniste a, selon toute vraisemblance, favorisé cette mutation. Il a été amplifié également par la montée de l’incrédulité propagée par les philosophes des Lumières. Les deux principales affaires religieuses de la dernière partie du XVIIIe siècle, et touchant le jansénisme et le richérisme, n’ont été que des débats théologiques. Cependant, ces questions sont devenues des affaires d’État car elles ont menacé la religion du roi et l’orthodoxie de l’Église catholique. Elles ont mis à mal l’image de l’établissement, elles ont marqué une rupture entre l’évêque du Mans, Mgr de Grimaldi, et la Congrégation de l’Oratoire. La liberté des Oratoriens est fortement remise en cause par une hiérarchie catholique. Mais il n’est pas impossible non plus que ces débats aient accéléré l’idée d’une éducation nationale, surtout chez les laïcs : des professeurs dans un même corps d’instituteurs sous surveillance des inspecteurs et, surtout, des programmes imposés.

 

En 1792, l’Assemblée nationale porta un coup fatal à la Congrégation de l’Oratoire et à ses établissements scolaires.

Au grand regret des élus manceaux et de la Sarthe !

 

 

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                              Collège du Mans, futur lycée Montesquieu (Dessin de Pierre Lepelletier 1822)            

                                                                   

 

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Le 4 février 2017, une assistance nombreuse s'est passionnée pour la découverte des

 

fouilles archéologiques du couvent de la Visitation

de juin-juillet 2016

dévoilées par Pierre Chevet

 

 

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cliché Gérard Blanchard

 

La fouille d’archéologie préventive préalable à la construction de la tour Renaissance par le groupe Kaufmann et Broad, dans l’angle nord-ouest des terrains de l’ancien couvent de la Visitation au Mans, avait pour objectif d’étudier les occupations anciennes de ce secteur avant leur destruction par un parking souterrain. Réalisée du 20 juin au 3 août 2016, l’étude d’une superficie d’un peu plus de 1100 m² a contribué à documenter de façon tout à fait nouvelle ce quartier de la ville encore mal connu.

Elle a permis la mise au jour de vestiges antiques (Ier-IVe siècle) et d’une zone funéraire moderne inattendue. Les interrogations relatives à la présence de traces du premier couvent de la Visitation (XVIIe siècle) ont en revanche tourné court.

Pour le Haut-Empire romain (Ier-IIIe siècle), plusieurs éléments relevant d’une activité de poterie démontre la présence, entre +30 et 150, d’une zone de production de céramique dont subsistent des restes éloquents : deux bassins de décantation pour l’argile dont l’extraction s’est faite à proximité, une dizaine de bases de tours de potiers et un four. Conjointement la découverte de plusieurs moules de statuettes et de motifs pour décors d’applique indique que la production ne se cantonnait pas uniquement à la fabrication de pots à usage culinaire.

L’identification d’une rue nord-sud en limite occidentale de la fouille et dont l’orientation montre qu’elle se raccorde à un segment déjà connu de la trame viaire antique débouchant lui-même sur une des rues les plus importantes de l’agglomération du Haut-Empire, rend par ailleurs compte d’un lien direct entre le site et le cœur urbain de Vindinum.

L’abandon du site, avant la fin du IIIe siècle, permet ensuite l’installation d’une nécropole diffuse et très érodée remontant au début du Bas-Empire (IVe-Ve siècle).

Mais l’élément le plus inattendu concerne la mise au jour d’une zone funéraire récente, chronologiquement comprise entre la fin du Moyen âge et le tout début de la période contemporaine. Vingt-six sépultures en pleine-terre ou cercueils, parfaitement orientées, ont été mises au jour, parmi lesquelles se compte une proportion importante d’immatures (40 %) avec une nette prédominance des périnatals (60 % des sujets non adultes). Jamais observée jusqu’alors, cette aire d’inhumation, qui se poursuit vers l’ouest et le sud au-delà des limites d’emprise de l’intervention, pourrait correspondre au premier cimetière protestant du Mans, à propos duquel de rares mentions indiquent qu’il se situait, jusqu’en 1644, à l’emplacement des tombes découvertes. 

 

 

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Le 7 janvier 2017, Joseph Guilleux nous a parlé de

 

L’application en Sarthe de la Contribution patriotique de Necker

 

 

Proposée par le ministre des finances Jacques Necker, à l’Assemblée Constituante, la Contribution patriotique, impôt extraordinaire, fut établie par les décrets des 6-9 octobre 1789, pour subvenir aux besoins financiers du royaume. On demandait à tous les habitants dont le revenu annuel dépassait 400 livres, d’en donner un quart, étalé sur trois années. Le premier tiers serait versé le 1er avril 1790, et les deux autres les 1er avril 1791 et 1792.

 

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Si chacun devait faire sa propre déclaration au lieu de son domicile, celle-ci se heurta à une première difficulté : auprès de qui la déposer ? Selon sa domiciliation rurale ou urbaine ? Fin 1789, on devait s’adresser aux personnes issues des anciennes institutions des paroisses, ou aux municipalités. Il fallut en fait, comme dans tout le royaume, attendre l’installation des nouvelles municipalités élues en janvier 1790, du fait de la création des départements divisés en districts, cantons et communes.

 

Faute d’une nouvelle administration fiscale, les impôts de l’ancien régime continuèrent à être perçus en 1789 et 1790 par les collecteurs des paroisses. L’élaboration des rôles et sa perception nécessitèrent une prolongation des délais accordés aux communes, comme le montre la circulaire de Necker du 11 août 1790. Les lois des 27 mars, 8-10 août et 25-31 octobre 1790 conférèrent aux municipalités le droit d’effectuer des taxations d’office, des vérifications renforcées, conduisant à de fortes rectifications, et à des paiements de préférence en argent métallique.

 

 

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Les rôles se constituèrent avec difficulté et beaucoup de retard. De plus les déclarations déposées en fin 1789 et début 1790, se révélèrent inférieures aux prévisions lors des versements. Pourquoi ?

 

Le législateur choisit de laisser, à chaque citoyen concerné, le soin d’opérer lui-même la délicate estimation de ses propres revenus. Comment prouver sa bonne foi, l’exactitude de son calcul, l’altération de ses revenus, et parfois comment justifier l’oubli « involontaire » d’effectuer une déclaration ?

 

Les bordereaux récapitulatifs des versements, établis par districts, au cours des trois années, ont été conservés pour 8 districts sur 9, soit pour 48 cantons, et 383 communes (sur les 426 du département). Il nous manque les données du district de Sillé-le-Guillaume.

 

La comptabilité publique arrêtée en août 1792 fait état d’une perception globale de 791 949 livres 11 sols 1 denier, à rapprocher d’une prévision de 1 044 274 livres 15 sols 10 deniers. Les impayés représentèrent donc 252 325 livres, soit 24,22 %, (21,38 % pour la ville du Mans). Cet écart fut, en réalité, supérieur du fait des paiements effectués en assignats en perpétuelle dévaluation.

Au niveau national, sur les 159 millions de livres espérés, 110 millions furent collectés. L’écart atteignait 30,8 %, supérieur à celui de la Sarthe qui fut de 24, 22%.

Ce fut une bien naïve erreur du législateur, de laisser à chaque citoyen concerné, la possibilité de calculer lui-même le montant de sa déclaration, de se fier à sa bonne foi, et de croire en son patriotisme fiscal qui allait vite tourner à la désillusion.      

 

 

 

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ARCHIVES 2016

 

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12/11/2017
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