Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Archives des conférences 2016

 

 

     De la rentrée d'octobre au mois d'avril, la Société organise

une réunion mensuelle

de tous ses membres, de 14h30 à 17h, dans l'enceinte de l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon. Les sujets très variés, qu'un support iconographique agrémente souvent, sont exposés par des conférenciers membres de la Société ou extérieurs, sous la seule responsabilité des auteurs.

 

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Lors de la séance du 3 décembre 2016, à la médiathèque Louis Aragon, 

Benoît Hubert, docteur en histoire, nous a présenté :

 

Louis XVIII ou la patience

 

Qui était Louis-Stanislas-Xavier de Bourbon ?

Roi méconnu ou mal connu, il demeure dans notre histoire sous l’ombre portée du destin tragique de son frère Louis XVI. Sa position de cadet et de roi de la Restauration l’ont relégué, ainsi que son frère Artois, futur Charles X, dans l’oubli de l’histoire de France.

 

 

https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/Louis-XVIII-jeune.jpg          https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/Portrait-de-Marie-Jos--phine-Louise-de-Savoie--comtesse-de-Provence--1786-.jpg

Louis-Stanislas-Xavier de Bourbon   et   Marie-Joséphine-Louise de Savoie

 

 

 

Faut-il réhabiliter Louis XVIII ?

 

Louis XVIII n’en demeure pas moins le roi le plus intelligent de sa génération. Sa mémoire, sa culture, son intelligence politique, son pragmatisme, sa capacité d’adaptation auraient pu faire de lui un grand roi d’Ancien Régime. La providence ne l’a pas voulu. Les récits n’ont finalement retenu qu’une légende noire, celle d’un cadet intrigant, inquiétant, frustré, froid et peut-être inutile. Ces deux aspects d’une personnalité aussi complexe justifient également l’intérêt que l'on peut lui porter.

 

 

Un exil sans espoir ?

 

Louis-Stanislas-Xavier fuit la France le 20 juin 1791. Réfugié à Bruxelles, en Westphalie, à Kalmar (Suède) puis à Mittau (Lettonie) suivi par une centaine de derniers fidèles, il vogue en Europe au gré de la diplomatie napoléonienne qui le rejette toujours plus loin du royaume, sans jamais parvenir à saper ses espoirs de régner. Curieusement, l’alliance de Napoléon avec le tsar le contraint (après Tilsit, 1807) à rejoindre l’Angleterre d’où il gagnera Gand en 1814 et enfin Paris grâce au talent diplomatique de Talleyrand.

 

 

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Talleyrand                           Fouché

 

Instauré ou Restauré ?

 

Contrairement à une présentation issue de la propagande napoléonienne, Louis XVIII n’est pas rentré dans les fourgons de l’étranger puisqu’il est, en réalité, rappelé par le sénat impérial non pas en tant que souverain (Louis XVIII) mais en tant que frère de Louis XVI.

 

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Avec la charte, il met en place un véritable régime parlementaire, consolide les principaux acquis de la Révolution et conserve plusieurs de ses éminents serviteurs tels Talleyrand et Fouché. On peut parler d’un véritable pouvoir révolutionnaire couronné. Le pouvoir monarchique, comme beaucoup le croient encore, ne reposera pas sur l’aristocratie (les ultras royalistes constituent avec Artois la principale opposition à Louis XVIII), mais sur la bourgeoisie.

 

Conclusion : Louis XVIII apparaît comme un roi nu, pour paraphraser Giono. Il est un roi sans armée, un roi de paix. Il est aussi un roi qui honore les dettes de l’Empire, un souverain qui se veut garant de l’unité nationale comme l’avait été son aïeul Henri IV.

Le roi fauteuil, dévoré par la maladie, s’éteint le 16 septembre 1824 en n’ayant jamais cessé d’exercer la dignité de sa couronne.

 

 

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  - le 5 novembre 2016 :  À 14 H 30, à la médiathèque Louis Aragon,

Michel Haguet a présenté son ouvrage

 

Le Passé éclaire le Présent :

Historique du secteur Nord-Est du Mans et son patrimoine

 

     Le secteur Nord-Est du Mans est l’un des sept secteurs de la ville issu de la loi du 27 février 2002, dite loi Vaillant, sur la démocratie participative

    Le livre se décompose en trois parties. Il y est évoqué l’histoire et la transformation de ce coin de campagne proche de la cité en quatorze quartiers urbains mêlant constructions individuelles et grands ensembles.

    D’abord quatorze dossiers géographiques sont consacrés à chacun de ces quartiers et aux principaux évènements qui les ont marqués.

    Puis l’auteur dresse un répertoire de 160 noms (lieux-dits, rues) recensés sur les plans cadastraux de 1812.

    Enfin douze dossiers thématiques évoquent tour à tour :

- le développement des rues, à partir de 1810, sur les terrains des monastères détruits à la Révolution, ainsi que le morcellement des grands domaines, comme ceux de Maupertuis et du château d’Isaac ; 

- le captage des eaux provenant des nombreuses sources du secteur qui alimentèrent la Cité de l’époque romaine à 1855 ;  

- l’historique des octrois, lieux de perception sur les marchandises entrant en ville jusqu’en 1945 ;

- le domaine et le château d’Isaac, depuis le XVIIe siècle, les familles Orry et Le Romain, Cornu de Villers ;

- l’hospice de Saint-Blaise-des-Vignes fondé au Xe siècle pour les vignerons et cultivateurs âgés, transformé en prieuré au siècle suivant ;

- les propriétés de Verdigné, de la Palisse, le prieuré de Claire-Fontaine ;

- les cliniques Saint-Côme, Saint-Damien, les Sources, éléments importants de la vie du quartier d’Isaac ;

- Ambroise Yzeux, personnage atypique, fondateur de 1918 à 1925 de plusieurs lotissements ;

- les communautés religieuses implantées depuis le début du XVIIe siècle, supprimées à la Révolution, réimplantées au XIXe siècle et dissoutes au XXe siècle ;

- l’historique de la commune de Sainte-Croix rattachée au Mans en 1855. Une partie regroupe les quartiers actuels du Jardin des Plantes, d’Yzeuville, de la vallée Saint-Blaise, de Sainte-Croix et de

Gazonfier ;

- le cimetière de Sainte-Croix créé en 1846, qui attire pour son intérêt esthétique. Le rappel de personnalités mancelles qui y reposent ;

- les ciriers du Mans et de Sainte-Croix, l’atelier de Froide-Cuisine, les familles Le Romain et Orry.

 

               https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/Maison-des-Pompes.JPG                    https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/Fontaine-Saint-Aldric.jpg 

        La maison des pompes                       La fontaine Saint-Aldric

                cliché UTL                                                                      cliché UTL

 

           https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/Chapelle-Boll--e-au-cimeti--re-Sainte-Croix.JPG            https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/clocher-tripode---glise-Saint-Paul-de-Bellevue.JPG

       La chapelle Léon Bollée                        Le clocher de Saint-Paul de Bellevue

              cliché Gérard Blanchard                                                     cliché Gérard Blanchard

 

Un ensemble de recherches abondamment illustrées permettant de mieux connaître

l’extension plus ou moins récente de la ville

entre la Sarthe (Banjan) et l’Huisne (route de Paris)

encadrant l’urbanisation du plateau de Sargé.

 

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           - le 23 avril 2016 :  À 14 H 30, en l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon, Benoît Musset, maître de conférences à l'Université du Maine, nous a présenté sa communication intitulée :

 

 

"Entre salubrité, conservation et goût : définir le bon vin de 1500 à 1850"

 

 

    Au XVIe siècle, la définition du bon vin repose largement sur des critères médicaux hérités de l’Antiquité, fondés sur la théorie des humeurs. Le vin est un facteur de bonne santé, en fonction de ses caractéristiques : couleur, âge, consistance, goût, origine… Chaque individu ayant des besoins différents, cette trame qualitative ne génère pas de hiérarchie très nette entre les vins. Le meilleur vignoble est généralement celui qui est proche, le vin étant un produit délicat à transporter. L’importance du vignoble dans le Haut Maine témoigne de ce mode de consommation.

 

    A partir du milieu du XVIIe siècle, le critère du goût est mis en valeur, détaché des éléments médicaux. Le bon vin doit avoir un goût fin, une couleur délicate, des arômes secondaires (fleurs, fruits), que l’homme distingué doit connaître et apprécier. Certains vins sont réputés posséder ces qualités, et leur consommation devient socialement obligatoire : Champagne, Bourgogne puis Bordeaux. Les autres vignobles sont considérés comme produisant des vignes plus ou moins dégradés par rapport à ces références absolues.

 

Bosse les Cinq Sens.jpg

 

Les cinq sens : le goût (Abraham Bosse, vers 1638)

 

 

     Une hiérarchie stricte fondée sur le goût apparaît au XVIIIe siècle entre les vignobles, et aussi entre les crus. Cette hiérarchie donne naissance à un classement fermé, dont les classes correspondent aux catégories sociales. La qualité devient donc mesurable, transparente. En 1816, André Jullien dresse un classement des vins de France, à partir d’une démarche presque mécanique fondée sur un goût considéré comme objectif et absolu. Dans cette évolution de fond, le vignoble du Haut Maine n’a aucune visibilité à l’échelle nationale, si l’on excepte le vin de Jasnières.

De plus en plus, les élites locales se tournent vers d’autres vins que ceux de la région.

 

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      - le 19 mars 2016 : À 14 H 30, en l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon,

Sylvie Granger et Serge Bertin

ont proposé les images suivantes pour illustrer leur interrogation : 

 

qu'y-a-t-il de commun entre ces hommes manifestement si divers?

 

 

    Geoffroy Plantagenêt                    Véron du Verger                   Denis Lefranc                                                                                                                                                                                                        

 

 S. G. Geoffroy par Hucher (med Le M).jpeg   S. G. Veron Duverger tableau Sces et Arts.jpeg    S. G. Denis LEFRANC sur un toit.jpeg

 

 

                  Reimpré                    et             Froufrou                                                                                                                                                                                                               

 S. G. 2-REIMPRÉ peignant.jpeg    S. G. FROUFROU 3.jpeg

 

 

 tous figurent dans le dernier opus Bertin/Granger, 

"Hommes en Sarthe, acteurs de leur temps"

publié en septembre 2015 aux éditions Libra-Diffusio.

  

      En écho à Femmes en Sarthe, actrices de leurs temps, les deux auteurs ont décidé de se pencher cette fois-ci sur les hommes. Cette production de 120 notices n’a pas pour objectif de présenter une histoire des hommes de la Sarthe des origines à nos jours. Loin de la synthèse, les auteurs nous offrent une mosaïque de vies différentes, une marqueterie de destins temporels, historiques, littéraires, culturels et artistiques très variés.

     Ainsi au fil des pages, on se plaira à retrouver certains hommes célèbres, incontournables, mais aussi à en découvrir d’autres moins connus, et un certain nombre de contemporains qui nous entourent. Le lecteur se laissera porter par cette ode à la Sarthe et à ses hommes plein de talents.

Historienne, Sylvie Granger travaille plus particulièrement sur la vie culturelle des provinces, dont celle du Maine, au XVIIIe siècle. Ethnographe et aussi historien, Serge Bertin est profondément attaché à sa Sarthe natale, qu’il scrute avec tendresse. Complices depuis longtemps dans divers projets culturels, et co-auteurs de Femmes en Sarthe, actrices de leur temps, ils se sont retrouvés à nouveau dans cet ouvrage pour le plus grand plaisir de nos sociétaires.

 

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     - le 20 février 2016 : À 14 H 30, en l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon, Joseph Guilleux a exposé "La construction, par le chapitre de Saint-Pierre de la Cour, d'une grande maison de rapport − la maison Saint-Michel − place du Marché Saint-Pierre (actuelle place Saint-Pierre) au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle ".


 

 

 

 

La maison canoniale Saint-Michel, 11-13 place Saint-Pierre 

 

     On lit sur le registre de l’hôpital général du Mans des années 1777-1786, portant la mention de la taxe perçue sur toutes les maisons au profit des enfants trouvés, celle de quatre maisons du chapitre Saint-Pierre rebâties en une seule

     Le procès-verbal d’expertise de la ruelle et de la cour du Fer, du 28 février 1775, constitue le premier document relatif à la nouvelle construction de la maison Saint-Michel, située en bordure de ces lieux. La minute notariale du 8 mai 1775, accompagnée du plan d’occupation au sol et de partage de l’immeuble, date le démarrage de la construction.

 

 

 

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     Cette maison de ville construite à la moderne en moellons de grès, est recouverte sur sa plus grande partie d’un enduit de chaux. Un perron de trois marches la surélève. Sa façade se décompose en quatre travées d’ouvertures disposées sur quatre niveaux. Le rez-de-chaussée comporte deux portes d’entrée et deux grandes ouvertures (boutiques) coiffées par une anse de panier. Le premier et le second étage sont ajourés de huit baies, portes-fenêtres à garde-corps de fer forgé symétriquement reportés. Le premier étage plus haut que le second définit l’étage noble. Au-dessus d’une belle corniche en pierre de taille, apparaît une toiture à combles brisés, éclairés par quatre lucarnes mansardées aux encadrements de bois.

 

 

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     Les bases des encadrements des baies des deux niveaux d’étages sont soulignées par un bandeau qui court tout le long de la façade. L’emploi du calcaire de Bernay valorise les encadrements des portes et fenêtres aux linteaux cintrés, et aux extrados délardés, toujours marqués d’une clé saillante sans décor.

La régularité de la façade lui donne une composition simple, classique, dépourvue d’ostentation décorative, excepté les garde-corps en fer forgé. Pourtant à mi-hauteur, au centre de la façade, le chapitre de la collégiale Saint-Pierre a fait réaliser un grand et élégant cartouche carré, découpé de quarts de cercle, encadré d’une mouluration saillante composée. L’intérieur se divise en deux parties : un premier tiers à la surface vide dans sa partie haute, et une partie basse occupée par un ovale dressé, encadré par la composition d’un riche décor végétal (crosses, palmes à deux feuilles d’acanthe).

     Ces deux espaces, aujourd’hui nus, devaient être occupés par des motifs en rapport avec le chapitre Saint-Pierre, propriétaire. L’appellation de la maison dite de Saint-Michel relevée dans les titres, laisse la probabilité de la représentation sculptée en relief de l’archange terrassant le dragon sur la partie haute du cartouche. Quant à l’ovale il devait renfermer les armoiries peintes ou sculptées du dit chapitre. Armoiries D’azur à deux clefs d’argent adossées, passées en sautoir et surmontées d’une fleur de lys d’or. La Révolution passant par là a fait disparaître ces signes religieux et féodaux.

    La construction de la maison Saint-Michel, d’aspect identique aux autres hôtels classiques manceaux du XVIIIe siècle, s’en distingue par sa fonction. Il n’a jamais eu pour but de servir de cadre de vie à une famille fortunée ou à une communauté. Il se définit comme un immeuble de rapport. Actes écrits et plans la désignent composée en deux maisons séparées par un mur de refend central. Celui-ci divise chaque niveau en deux commerces ou deux appartements comptant 7 cheminées, avec pour les desservir deux portes donnant chacune l’accès à une cage d’escalier.

     Nationalisée en tant que bien religieux en 1789, les deux parties de la maison Saint-Michel, furent vendues à la même date, à deux soumissionnaires, comme bien national le 4 messidor an IV – 4 juin 1796, pour la somme de 18 360 francs, payable partie en mandats territoriaux, et la plus faible partie en numéraire métallique.

 

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      - le 9 janvier 2016 : À 14 H 30, en l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon, Lauréna Salion nous a invités à la suivre sur "Les traces de Renée Diveau, une marchande-libraire du Mans de la seconde moitié du XVIIIe siècle ".

 

     

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      Renée Diveau est née le 19 juin 1704 et baptisée le 22 juin à Mayenne. C’est à l’âge de 49 ans, qu’elle reprend la boutique familiale de librairie située dans la rue dynamique et animée du petit Pont-Neuf, rue en forte pente qui descendait de la place Saint-Pierre à la rue des Filles-Dieu, à l’emplacement actuel de l’escalier des Ponts-Neufs.

 

 

 

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     Elle était tenue jusqu’à présent par sa sœur Anne Diveau, celle-ci l’avait elle-même hérité en 1753 de son défunt mari Pierre-Simon Ysambart, membre d’une dynastie d’imprimeurs-libraires du Mans. Renée Diveau vit au quotidien dans sa maison confortable du petit Pont-Neuf avec son neveu René Goualier Beaulieu ainsi que sa domestique Marie Grouard, à son service depuis « seize ou dix sept ans » avec qui elles tissent des liens d’amitié.

 

 

 

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     Elle possède un niveau de fortune relativement important, sans que l’on puisse cependant parler d’opulence (actif de 4819 livres). Elle tire ses revenus de la location d’un bordage situé à Cures (120 livres par an) ainsi que de la vente des livres contenues dans sa boutique, montant difficile à estimer car aucun registre de compte n’a été conservé.

 

     Si Renée Diveau, n’est pas une figure majeure dans les métiers du livre, elle reste très intéressante à étudier. Pourquoi ? Plusieurs traits de sa vie professionnelle sont originaux : d’une part, elle hérite de la boutique au décès de sa soeur en tant que parente et « fille majeure », et non comme veuve de libraire, le cas le plus fréquent dans ce métier pour laisser le temps au fils d’assurer la relève dans les meilleures conditions possibles ; d’autre part, elle exerce son activité pendant 26 ans, sans s’associer à un autre libraire. Il s’agit d’un des rares cas connus de femme célibataire ayant exercé de manière durable la librairie en son propre nom. Par ailleurs, son fonds de commerce, connu grâce à un inventaire détaillé, a l’intérêt de révéler les pratiques de lecture des Manceaux à la fin du XVIIIe siècle : prédominance des livres de piété, des traités pratiques et des ouvrages scolaires, mais présence aussi de quelques romans. 3000 volumes et 300 titres (55% de l’actif en comptant le matériel d’imprimerie) sont répertoriés à son décès le 29 avril 1778.

 

    Grâce à cette démarche biographique, on peut reconstruire la vie de Renée Diveau, connaître son métier mais aussi appréhender son cadre de vie, à la fois sa maison-boutique et la rue du petit Pont-Neuf, aujourd’hui toutes les deux disparues.  

 

 

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Archives 2016

 

 

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 Archives 2015

 

 

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  Archives 2014

 

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14/04/2017
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