Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

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Les Conférences

   De la rentrée d'octobre au mois d'avril, la Société organise

une réunion mensuelle

de tous ses membres, de 14h30 à 17h, dans l'enceinte de l'auditorium de la médiathèque Louis Aragon. Les sujets très variés, qu'un support iconographique agrémente souvent, sont exposés par des conférenciers membres de la Société ou extérieurs, sous la seule responsabilité des auteurs. 

 

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Le 12 janvier 2019

 

 

 Georges Grente, évêque du Mans de 1918 à 1959 et Académicien :

un homme d’Église et de Lettres dans la Sarthe

 

par Didier Béoutis

 

      Co-auteur d’une Histoire des Évêques du Mans, parue en 2018, Didier Béoutis évoque la personnalité de Georges Grente (1872-1959) qui fut l’un des plus éminents de ces prélats, tant par la durée de ses fonctions (41 ans) que par son rayonnement.

      Né à Percy (Manche) dans une famille de notables catholiques, ordonné prêtre, en 1895, pour le diocèse de Coutances, Georges Grente, féru de belles lettres, n’était pas d’emblée destiné à porter la mitre, mais à faire de l’enseignement. Il assuma ainsi des fonctions de direction et d’enseignement des lettres classiques au Petit séminaire de Mortain (1895), au collège catholique de Saint-Lô (1903) puis à celui de Cherbourg (1916). Il avait été nommé, en 1914, recteur de l’Institut catholique de Lille, poste qu’il n’avait pu rejoindre, la ville étant alors occupée par l’armée allemande.

      Durant ces années, l’abbé Grente étudiait à la Sorbonne, y obtenant, en 1903, un doctorat ès lettres sur une thèse sur Jean Bertaut, aumônier de Marie de Médicis et évêque de Sées. Il avait alors été remarqué par deux personnalités influentes de l’Église : Alfred Baudrillart, recteur de la « Catho » de Paris, et Louis-Ernest Dubois, originaire de la Sarthe, futur archevêque de Paris. C’est ce dernier qui souffla son nom au pape Benoît XV, pour désigner, en janvier 1918, un nouvel évêque au Mans.

 

 

     Georges Grente prend ses fonctions dans un contexte difficile, à la suite de la démission de son prédécesseur, et alors que de nombreux prêtres et séminaristes sont aux armées. Doué d’un sens de l’autorité, il prendra rapidement des initiatives visant à redonner son éclat au diocèse du Mans : formation des prêtres ; visites fréquentes des paroisses et des écoles ; coordination d’œuvres sociales ; soutien aux congrégations comme celle de Solesmes, organisation de congrès épiscopaux, de conférences ; mobilisation des laïcs ; tenue de grandes cérémonies, chaque année, en l’honneur de Saint-Julien (janvier) et de Sainte-Scolastique (juillet). De décembre 1919 à mars 1920, Georges Grente avait accompagné Mgr Dubois dans une mission du Gouvernement en Orient et aux Balkans, visant à consolider, dans ces pays, l’influence française à travers les œuvres catholiques d’enseignement et de charité.

     Tout en administrant son diocèse, Mgr Grente publie divers ouvrages (principalement des biographies de personnalités religieuses, comme Pie V, Marie-Madeleine Postel, Fléchier, Joseph du Tremblay, Joseph Joubert, Sainte-Jeanne de France), tout en préparant son élection à l’Académie française. Tout cela est remarqué par le quotidien parisien L’Œuvre, qui, voulant ridiculiser le prélat, révèle, en octobre 1924, que l’évêché du Mans perçoit les loyers de « maisons Tellier ». Ces immeubles voisinant l’évêché, avaient, précisément, été acquis par un prédécesseur de Mgr Grente, dans le but d’en chasser les encombrants locataires. G. Grente poursuit L’Œuvre en diffamation, obtient satisfaction, mais les rieurs sont du côté de la partie adverse, par la brillante plaidoirie de Me Maurice Garçon.

     Georges Grente est élu à l’Académie française, en 1936. Il se montre un Académicien assidu, conférencier distingué, spécialiste des termes religieux, acceptant la lourde charge de coordonner un Dictionnaire des Lettres françaises, en plusieurs volumes, qui fait encore autorité de nos jours.

 

 

      Attaché à son diocèse du Mans, Georges Grente sera fait archevêque, à titre personnel en 1943, puis créé cardinal, en 1952, ce qui lui permettra, en 1958, de participer au conclave qui élira Jean XXIII. Il reçoit aussi des distinctions de la République (commandeur de la Légion d’honneur, en 1954).

      Soucieux de favoriser les Lettres dans le Maine, Mgr Grente avait créé, en 1957, avec le duc de Caumont-La Force, autre Académicien originaire de la Sarthe, une Académie du Maine, qui existe encore de nos jours. Son action reste attachée à une conception « aristocratique » et honorifique de l’Église, qui n’est plus guère en cour actuellement.

 

 Georges Grente décède en mai 1959, âgé de 87 ans.

 

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Archives des conférences 2018

 

Archives des conférences 2017

 

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21/02/2019
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