Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

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Marcel MÉMIN (1898-1979)

Marcel MÉMIN (1898-1979)

par Didier Béoutis

 

 

 

 

 

Trésorier (1960), bibliothécaire (1970),

vice-président de Sciences et Arts (1974-1979),

historien de Pontlieue-Arnage et archéologue manceau

 

Fils d’un fabriquant de chaussures, Marcel Mémin est né au Mans, le 19 mars 1898. Il fit au lycée de garçons, où il fut notamment l’élève d’Émile Baumann et de Lucien Lécureux, une  scolarité entrecoupée d’absences, en raison de sa fragile constitution. Patriote, il multiplia les démarches pour réussir à se faire intégrer dans le service auxiliaire, en mai 1917. Après avoir été envoyé en Beauce pour y faire la moisson, il partit pour le front le 30 août. Atteint d’une rougeole compliquée d’une bronchite qui fit craindre pour ses jours, il fut finalement réformé.

Revenu au Mans, Marcel Mémin prépara une licence en droit, par correspondance, à la faculté de Paris, puis s’inscrivit au barreau du Mans en 1921. Tout en exerçant son métier d’avocat, il prépara puis soutint avec succès, une thèse de doctorat soutenue devant la faculté de Paris, publiée en 1926, intitulée Les vices du consentement dans les contrats de notre ancien droit, et en particulier dans les provinces d’Anjou et du Maine, portant principalement sur la lésion. En cette même année 1926, il fut recruté au service du contentieux de la Mutuelle générale française, société où il fit toute sa carrière, jusqu’à son départ à la retraite, en 1960. Chrétien engagé, Marcel Mémin eut des responsabilités syndicales à la C.F.T.C. et aussi au sein des équipes caritatives Saint-Vincent de Paul. Marié en 1927, il fut le père de huit enfants. 

Dès sa retraite, Marcel Mémin reprit les travaux historiques qu’il n’avait pas eu le temps de faire, compte tenu de ses responsabilités professionnelles et de sa charge de famille. Son ami le professeur d’histoire du droit Gabriel Lepointe l’orienta vers le dépouillement des archives de notaire, tandis qu’André Bouton lui proposa de surveiller les chantiers des sous-sols du centre du Mans, afin de recueillir et identifier poteries et autres débris. Marcel Mémin se fit donc historien et archéologue.

Après avoir compulsé des archives notariales de la fin du XVIIIe siècle, Marcel Mémin publia le fruit de ses recherches dans les Mémoires de Sciences et Arts et de la Province du Maine (notamment : Ce que font entrevoir les actes successoraux des notaires du Mans en 1780 ou Les conventions de mariage dans la région mancelle en 1780). Ses recherches lui permirent ensuite de rédiger En ses aspects humains : Pontlieue et Arnage, ancienne paroisse rurale du Maine, un ouvrage d’une plus grande ampleur et fort bien documenté de 427 pages, d’abord paru dans les Bulletins de Sciences et Arts, qui correspond à son œuvre majeure. Il poursuivit son travail sur cette ancienne paroisse, en étant l’auteur de trois autres études tout aussi intéressantes et bien documentées, L’Hôtel-Dieu de Coëffort et les enfants trouvés au XVIe siècle, L’Hôtel de Coëffort et les enfants trouvés (région du Mans) de 1600 à la fin de 1663, et Enfants trouvés sur Pontlieue-Arnage avant la Révolution.

Archéologue, Marcel Mémin a pu l’être, à une époque où les chantiers n’étaient pas protégés, et où tout un chacun pouvait aller, une fois les ouvriers partis, ramasser ce qu’il trouvait. Aimable vis-à-vis des ouvriers, ceux-ci lui conservaient même les objets qu’ils pouvaient trouver après avoir manié le bulldozer ou la pioche. Marcel Mémin n’a pas publié d’étude de synthèse sur ses trouvailles, mais, de 1960 à 1976, une vingtaine de petits articles faisant le bilan de ses découvertes, quartier par quartier, rue par rue.

Admis à Sciences et Arts en 1956, Marcel Mémin accepta les fonctions de trésorier en 1960, puis remplit celles de bibliothécaire en 1970, alors qu’il faisait déjà depuis plusieurs années, au début de chaque séance, le dépouillement des revues reçues, notant les articles dignes d’intérêt. Il fut promu vice-président en 1974. Toujours affable et soucieux de rendre service, il s’intéressait aux lycéens et étudiants nouvellement adhérents, facilitant ainsi leur intégration dans la Société. Marcel Mémin est décédé, au Mans, à son domicile de la rue du capitaine Floch, le 17 janvier 1979, dans sa 81ème année.

La Ville du Mans a honoré le souvenir de Marcel Mémin en donnant son nom à une impasse, dans le quartier de Funay, au cœur de cette ancienne paroisse de Pontlieue-Arnage sur laquelle il avait tant travaillé.

 

 

 



09/10/2017
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