Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

28- Jean-Baptiste-Henri-Michel Leprince d'Ardenay, 1788

 

 

 

Jean-Baptiste-Henri-Michel Leprince d’Ardenay 

1788, 1800, 1802-1803 et 1807

 

par Benoît Hubert

 

 

     Né en 1737 paroisse du Crucifix au Mans dans une famille de négociants en cires et bougies, Leprince est élève du collège de l’Oratoire au Mans, étudie le droit, la banque et le notariat à Paris et revient dans sa « petite patrie » prendre l’état  de son père. Associé à la société « Leprince, père et fils » en 1764, il fait prospérer la manufacture  familiale  grâce au fameux procédé technique du « blanc du Mans ». Il épouse Marie-Anne Godard d’Assé le 13 février 1764, fille d’un trésorier de France, nièce de Véron du Verger, secrétaire perpétuel du Bureau d’agriculture et  donc cousine de l’illustre Forbonnais. Il acquiert un important patrimoine estimé à plus de 323 000 # en 1804, dont un vaste domaine agricole autour du château d’Ardenay, hérité de son père en 1782.

 

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     Leprince d’Ardenay va occuper d’importantes fonctions dans la ville : administrateur de l’hôpital, membre de la société littéraire et patriotique, marguiller de la paroisse de la Couture, membre de la juridiction consulaire puis président du tribunal de commerce, membre de la commission intermédiaire en 1787, maire du Mans en 1790-1791 ou encore conseiller général. La présence importante de négociants, tels que les Leprince (cire), les Véron (étamine), les Desportes (forge) dans la Société d’agriculture du Mans éloigne cette dernière de la physiocratie proprement dit, pour laquelle toute richesse ne peut provenir que de l’exploitation de la terre, et la dirige vers un faisceau d’intérêts centrés sur l’agronomie conjugués avec les arts dit « utiles », les machines, l’industrie, le commerce et les questions sociales.

 

     Ses proches parents Leprince d’Amigné, président en 1767, et Desportes de Linières, président en 1768, étaient déjà des membres fondateurs éminents de cette Société. Sa nomination comme Associé en 1777, à l’âge de 40 ans, n’a donc rien de surprenant :

 

 « j’avois été admis dans la Société d’agriculture en qualité d’associé ; je n’avois jamais fait d’études particulieres dans cette partie, je n’en avois que quelques connoissances theoriques. mon pre­mier soin fut de travailler a me rendre digne de  l’honneur que je venois de recevoir. Je suivois très exactement les séances du Bureau ; je consultois souvent mes collegues et les bons agriculteurs. J’étudiois les livres élementaires et je profitois de mes moments de loisir pour recueillir dans les archives du bureau des connoissances utiles et pre­cieuses repandues dans une collection très considerable de mémoires, projets, plans et discours relatifs aux differen­tes branches de ce premier des arts. cest dans cette source feconde que je puisay des notions vraiment savantes et éco­nomiques sur la nature, les especes et l’employ des engrais, sur les moyens de conserver les prés naturels, de faire et entretenir les prairies artificielles ; sur le choix, la multi­plication, le gouvernement et les maladies des bestiaux ; sur les avantages des bêtes a laine, la meilleure maniere de les élever, de les garantir des accidens et de tirer le meilleur parti de leurs toisons ; sur les écaubuages et defrichement des terres incultes, semis, plantation, amenagemens, coupe et employ des bois ; sur les differentes methodes de labours et fumures, mouture carie et autres vices des bleds; sur la culture des diffé­rentes graines et racines et la perfection de celle des chan­vres et lin, etc. » (Mémoires, p. 147-148).

 

     Il est nommé ensuite secrétaire de correspondance pour seconder l’abbé Rottier de Moncé, successeur de Véron du Verger au poste de secrétaire perpétuel. Peu d’années après, il obtint le tire de membre de la Société 

 

« Ce fut pour moy un nouveau sujet de reconnois­sance et un motif bien puissant d’émulation. Je redoublai mes efforts pour repondre autant quil etoit a la confiance de mes collegues. Jetois alors proprietaire de biens fonds et plus a portée de faire des experiences et des essais. apres avoir pris et suivi les avis du  Bureau je luy communiquay les resultats de mes operations ; il les accueillit favorablement, ce qui m’encouragea a luy pre­senter successivement quelques mémoires, entre autres sur la mouture économique qu’un de mes meuniers avoit etablie en petit a l’instar des moulins de Corbeil et sur la tourbe que j’avois decouverte a ardenay. J’en avois fait tirer une certaine quantité, je l’avois fait secher, reduire en cendres et repandre partie sur un pré, partie sur une  luzerne, et le reste sur des légumes. ces differens essais reussirent tres bien et sensiblement plus que dans les ter­rains voisins et de meme nature que ceux sur lesquels l’experience avoit été faite. » (Mémoires, p. 148-149).

 

     Leprince est nommé directeur au moment où il occupe la fonction de procureur-syndic de l’assemblée provinciale (1787). Les consignes gouvernementales tournaient alors les vues de ces nouvelles administrations vers l’agriculture et l’amélioration du commerce. La navigation sur la Sarthe était aussi un enjeu majeur. L’intérêt des membres se focalisait dans la bonne direction quand les travaux des assemblées intermédiaires cessèrent et furent remplacés par les Etats-généraux.

 

« Je n’oublierai jamais tout ce que je dois a cette Société et je seray cons­tamment penetré de la vérité de ce précepte quelle m’a enseigné et qui est gravé au fond de mon cœur. L’agriculture honoreras afin de vivre longuement (extrait des maximes de la Société de Vaza à Sthockolm)» (Mémoires, p. 149).

 

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Nommé président de la Société à quatre reprises,

il mourra, octogénaire en 1818.

 

 

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30/06/2016
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