Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

67- Ambroise Gentil, 1881

Ambroise Gentil 

1881 à 1926

 

par Isabelle de Goyon

 

      Il naît à Saint-Macaire dans le Maine-et-Loire le 21 avril 1842 et meurt rue de Flore au Mans, le 13 juillet 1927.

     Sa vie est faite de travail permanent, acharné, passionné, immense.

   Ambroise Gentil est un homme de sciences qui s'enthousiasme pour la zoologie, la géologie, les sciences physiques, et surtout pour la botanique et la paléobotanique tout spécialement dans le Maine. Les sciences ne lui suffisent pas ; en dehors de ses recherches, il trouve le temps d'enseigner, de rédiger des biographies, de participer très activement à l'établissement du catalogue de la bibliothèque si riche de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe dont il fut le président.

     Il obtient un baccalauréat en Lettres à Angers en 1867 et réussit le diplôme en sciences devant la Faculté de Caen. Ces diplômes lui permettent, à partir de 1866 jusqu'à la déclaration de guerre, d'occuper les fonctions de maître répétiteur au lycée du Mans.

     En août 1870, il se marie avec Marie Pauline, originaire d'Anjou.

 

https://static.blog4ever.com/2015/02/794874/Ambroise-Gentil-2015-004--R.jpg

Huile sur toile de 1918, œuvre du peintre manceau Charles Morancé

 

   Le 4 septembre 1870, le Gouvernement de la Défense nationale succède au Second Empire. L'administration départementale tente de mettre en place une organisation de défense du territoire. La "guerre" de Gentil est de courte durée ; il assiste à la débâcle du 10 janvier 1871 quand l'ennemi tire dans la ville du Mans et pousse en avant Chanzy et ses hommes. La Sarthe est envahie, la guerre se déroule sur notre département, meurtrière, difficile. Malgré les compétences du général Chanzy, l'ennemi remporte les victoires. Le lycée du Mans est fermé, transformé en ambulance de soixante lits pour les varioleux.

     Monsieur Alliou, proviseur du lycée du Mans, demande la réouverture de son établissement. Ambroise Gentil y travaille sans compter, en qualité de surveillant, mais ses fonctions se sont considérablement développées puisqu'il doit enseigner le français, l'histoire et les sciences... par intérim. Il rencontre dans cet établissement Monsieur Charault, professeur de sciences physiques qui devient pour lui un ami et un maître. Sur ses bons conseils, Ambroise Gentil prépare une licence de physique, puis de sciences naturelles à la Faculté de Caen, respectivement en 1874 et 1877. Monsieur Charault, aux compétences justement reconnues, accède à la chaire de physique de la Faculté de Montpellier. Ambroise Gentil lui succède au lycée du Mans en 1875. Il enseigne alors les sciences physiques et naturelles, ajoutant à ses fonctions l'important travail de réorganisation du cabinet (laboratoire) de physique, chimie et histoire naturelle.

     L'enseignement secondaire pour les filles est à l'ordre du jour : la direction de cet enseignement incombe tout naturellement à Ambroise Gentil qui leur enseigne la physique et la chimie dès 1883.

     Sa carrière professorale sera récompensée, en 1881 par les Palmes Académiques, en 1889 par la rosette d'officier de l'instruction publique. Il part à la retraite en 1906 avec le titre de professeur honoraire du lycée du Mans.

     Ambroise Gentil aurait pu se contenter de cette carrière d'enseignant, il n'en fut rien ; il est un scientifique et il le prouve sur le terrain. Il étudie la géologie et la paléontologie sarthoise, se lance dans des recherches sur la faune et les complète par une étude précise de la flore qui aboutit à un ouvrage : "La flore". Il emmenait même sur le terrain les débutants et, échantillons en main, leur transmettait ses passionnantes connaissances. C'est à leur intention qu'il publia "La petite flore mancelle". Il décide de réaliser un ouvrage important que l'on peut même qualifier de fondamental : l'"Inventaire général des plantes vasculaires de la Sarthe, indigènes ou naturalisées" qui s'appuie sur un herbier splendide de trente cartons et plus de cinq mille pages.

 

1 - les plantes vasculaires ayant tiges, racines et feuilles, autrement dit des végétaux supérieurs par opposition aux plantes cellulaires.

     les plantes indigènes : le terme d'indigène est attribué "aux espèces végétales qui peuplent depuis très longtemps un territoire. Cela peut s'appliquer à une échelle de temps géologique" (Bouillard 1988).

2 - les plantes qualifiées d'adventices sont des plantes qui, non issues d'une contrée, l'ont colonisée sans y avoir été volontairement introduites.

3 - la plante qualifiée d'adventice naturalisée est "une plante originaire d'une région située en dehors du territoire étudié, introduite fortuitement ou volontairement, mais se comportant actuellement comme une plante indigène" (M. C. Marzio et le groupe botanique angevin).

 

     Ambroise Gentil fait partie de très nombreuses sociétés savantes pour communiquer ses découvertes, échanger ses publications avec les autres chercheurs et aussi par goût des contacts amicaux.

     En 1881, il devient Président de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts. Il conservera cette charge jusqu'à sa mort. Charge considérable, qu'il remplira avec le sérieux, la régularité, la parcimonie dans les dépenses qui le caractérisèrent toute sa vie. Il entreprit un travail long et fastidieux, mais indispensable : la rédaction du catalogue des ouvrages possédés par la Société.

     Pendant la guerre 14-18, Ambroise Gentil, alors septuagénaire, réussit à maintenir une activité à la Société. "Elle apparaissait comme un havre où les membres, souvent sous les drapeaux ou engagés volontaires pour le soulagement des soldats, pouvaient se retrouver, reprendre leurs discussions scientifiques, savantes, loin, pour peu de temps, de l'ennemi."

     Il poursuit son travail de chercheur, publiant sans relâche ses travaux. Il meurt chez lui le 13 juillet 1927.

     Ambroise Gentil a disparu, mais son œuvre reste. Il peut figurer comme modèle de précision, de scrupules, de probité scientifique, de patience, n'ayant jamais cherché de profit pour lui-même, ayant toujours défendu le vrai et non le paraître.

 

◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊◊



30/06/2016
1 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 44 autres membres