Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Société d'Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe

Notices sur des sociétaires

 

 

 Des sociétaires piliers de Sciences et Arts

 

Se retrouvent ici tous les membres de la Société qui, quoique n'ayant jamais eu les honneurs de la présidence, ont  participé à sa renommée et ont laissé une œuvre que leurs neveux d'aujourd'hui se doivent de diffuser. 

 

François-Louis VERON du VERGER

Premier secrétaire perpétuel

 

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Fernand LETESSIER (1914-1987)

par Didier Béoutis

 

Fernand LETESSIER vers 1975

Secrétaire général, puis vice-président de Sciences et Arts (1958-1987),

historien de la littérature du XIXe siècle et de celle du Maine

 

Né au Mans, le 10 septembre 1914, Fernand Letessier accomplit, de 1924 à 1932, dans toutes les matières, de brillantes études au lycée de garçons, obtenant chaque année le prix d’excellence, ainsi qu’un accessit au concours général de thème latin. Il fit ses études supérieures de lettres classiques à Rennes, Caen, enfin à Paris où il rédigea, sous la direction de Mme Durry, un mémoire de diplôme d’études supérieures sur La vie de Rancé, dernière œuvre de Chateaubriand. Tout en exerçant comme professeur adjoint au lycée Janson de Sailly, Fernand Letessier passa avec succès l’agrégation de grammaire, en 1938. Son premier poste fut au lycée Descartes à Tours, où il succéda, sur la chaire de 6ème, à Léopold Ségar Senghor.

Mobilisé dans le train automobile en septembre 1939, le jeune professeur combattit, comme aspirant de réserve, avec les cavaliers de Saumur, en juin 1940, en évitant d’être fait prisonnier, et en réussissant à gagner Le Mans. Démobilisé, il fut alors recruté, à la rentrée d’octobre 1940, comme professeur au lycée de garçons du Mans où il resta en poste pendant trente-quatre ans, enseignant avec succès, dans toutes les classes, le français, le latin et le grec, jusqu’à son départ à la retraite, en 1974. Président de l’Amicale des professeurs du lycée, archivistes de l’Amicale des anciens élèves, Fernand Letessier fut, jusqu’à son décès, la « mémoire » de l’établissement, où il avait passé 42 ans de sa vie. Ses portraits de collègues, rédigés notamment pour les cérémonies de départ en retraite, constituent de véritables petits chef d’œuvre, toujours bien vus et amusants, jamais méchants. Il avait milité pour que le lycée de garçons s’appelât Peletier du Mans, du nom de l’érudit manceau de la Pléiade, mais le préfet lui préféra Montesquieu, plus connu. 

Admis à Sciences et Arts en 1941, Fernand Letessier fut extrêmement actif dans notre compagnie pendant plus de quarante ans. Nommé secrétaire général – fonction créée pour lui en 1958 et doublée de titre de vice-président en 1978 –, Fernand Letessier rédigeait, chaque mois, les comptes rendus des séances, ainsi qu’une chronique – fort utile à l’historien – des évènements politiques, économiques et sociaux, des recensions d’ouvrages et des notices nécrologiques, parues dans le bulletin mensuel. Il donna aussi des articles dans les autres revues savantes de la Sarthe, La Vie Mancelle, La Revue historique et archéologique notamment.

Fernand Letessier avait rédigé, pour le Guide littéraire de la France (Hachette, 1954), les notices relatives aux écrivains de la Sarthe, la Mayenne et l’Orne. Spécialisé dans l’histoire littéraire du XIXe siècle et les Romantiques, il publia des articles dans diverses revues savantes et rédigea, chez Didier et Hatier, pour les « classiques » à l’usage des lycéens et étudiants, des éditions commentées de Chateaubriand et d’Hugo. Son « grand œuvre » est une édition critique des Méditations de Lamartine (100 pages d’introduction et 300 de notes !), publiée en 1968 chez Garnier frères, qui manqua, de peu, le Prix de l’édition critique. Fernand Letessier s’attacha aussi, dans les revues sarthoises, à évoquer notamment le passage dans le Maine des Romantiques du XIXe siècle. Mais, très polyvalent, aucun sujet relatif à la littérature ou à l’histoire du Maine ne lui était étranger. Ses travaux sur Lamartine lui valurent d’être, pour l’année 1986, élu président de l’Académie de Mâcon, aux séances de laquelle, malgré la distance, il était toujours très assidu.

Son attachement à la Sarthe lui avait fait renoncer à une carrière universitaire qui se serait nécessairement avérée brillante. Homme modeste, fuyant les honneurs, Fernand Letessier ne prétendit jamais au poste de président de Sciences et Arts qu’il aurait cent fois mérité d’être.

Avec Fernand Letessier, notre compagnie a eu la chance de pouvoir compter, pendant de longues années, sur un administrateur de très haut niveau,

aussi érudit que dévoué.

 

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Marcel MÉMIN (1898-1979)

par Didier Béoutis

 

Trésorier (1960), bibliothécaire (1970), vice-président de Sciences et Arts (1974-1979),

historien de Pontlieue-Arnage et archéologue manceau

 

Fils d’un fabriquant de chaussures, Marcel Mémin est né au Mans, le 19 mars 1898. Il fit au lycée de garçons, où il fut notamment l’élève d’Émile Baumann et de Lucien Lécureux, une  scolarité entrecoupée d’absences, en raison de sa fragile constitution. Patriote, il multiplia les démarches pour réussir à se faire intégrer dans le service auxiliaire, en mai 1917. Après avoir été envoyé en Beauce pour y faire la moisson, il partit pour le front le 30 août. Atteint d’une rougeole compliquée d’une bronchite qui fit craindre pour ses jours, il fut finalement réformé.

Revenu au Mans, Marcel Mémin prépara une licence en droit, par correspondance, à la faculté de Paris, puis s’inscrivit au barreau du Mans en 1921. Tout en exerçant son métier d’avocat, il prépara puis soutint avec succès, une thèse de doctorat soutenue devant la faculté de Paris, publiée en 1926, intitulée Les vices du consentement dans les contrats de notre ancien droit, et en particulier dans les provinces d’Anjou et du Maine, portant principalement sur la lésion. En cette même année 1926, il fut recruté au service du contentieux de la Mutuelle générale française, société où il fit toute sa carrière, jusqu’à son départ à la retraite, en 1960. Chrétien engagé, Marcel Mémin eut des responsabilités syndicales à la C.F.T.C. et aussi au sein des équipes caritatives Saint-Vincent de Paul. Marié en 1927, il fut le père de huit enfants. 

Dès sa retraite, Marcel Mémin reprit les travaux historiques qu’il n’avait pas eu le temps de faire, compte tenu de ses responsabilités professionnelles et de sa charge de famille. Son ami le professeur d’histoire du droit Gabriel Lepointe l’orienta vers le dépouillement des archives de notaire, tandis qu’André Bouton lui proposa de surveiller les chantiers des sous-sols du centre du Mans, afin de recueillir et identifier poteries et autres débris. Marcel Mémin se fit donc historien et archéologue.

Après avoir compulsé des archives notariales de la fin du XVIIIe siècle, Marcel Mémin publia le fruit de ses recherches dans les Mémoires de Sciences et Arts et de la Province du Maine (notamment : Ce que font entrevoir les actes successoraux des notaires du Mans en 1780 ou Les conventions de mariage dans la région mancelle en 1780). Ses recherches lui permirent ensuite de rédiger En ses aspects humains : Pontlieue et Arnage, ancienne paroisse rurale du Maine, un ouvrage d’une plus grande ampleur et fort bien documenté de 427 pages, d’abord paru dans les Bulletins de Sciences et Arts, qui correspond à son œuvre majeure. Il poursuivit son travail sur cette ancienne paroisse, en étant l’auteur de trois autres études tout aussi intéressantes et bien documentées, L’Hôtel-Dieu de Coëffort et les enfants trouvés au XVIe siècle, L’Hôtel de Coëffort et les enfants trouvés (région du Mans) de 1600 à la fin de 1663, et Enfants trouvés sur Pontlieue-Arnage avant la Révolution.

Archéologue, Marcel Mémin a pu l’être, à une époque où les chantiers n’étaient pas protégés, et où tout un chacun pouvait aller, une fois les ouvriers partis, ramasser ce qu’il trouvait. Aimable vis-à-vis des ouvriers, ceux-ci lui conservaient même les objets qu’ils pouvaient trouver après avoir manié le bulldozer ou la pioche. Marcel Mémin n’a pas publié d’étude de synthèse sur ses trouvailles, mais, de 1960 à 1976, une vingtaine de petits articles faisant le bilan de ses découvertes, quartier par quartier, rue par rue.

Admis à Sciences et Arts en 1956, Marcel Mémin accepta les fonctions de trésorier en 1960, puis remplit celles de bibliothécaire en 1970, alors qu’il faisait déjà depuis plusieurs années, au début de chaque séance, le dépouillement des revues reçues, notant les articles dignes d’intérêt. Il fut promu vice-président en 1974. Toujours affable et soucieux de rendre service, il s’intéressait aux lycéens et étudiants nouvellement adhérents, facilitant ainsi leur intégration dans la Société. Marcel Mémin est décédé, au Mans, à son domicile de la rue du capitaine Floch, le 17 janvier 1979, dans sa 81ème année.

La Ville du Mans a honoré le souvenir de Marcel Mémin en donnant son nom à une impasse, dans le quartier de Funay, au cœur de cette ancienne paroisse de Pontlieue-Arnage sur laquelle il avait tant travaillé.

 

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André PIOGER (1899-1973)

par Didier Béoutis

 

Vice-président de Sciences et Arts (1968-1973),

historien de la Résistance dans la Sarthe et de la Champagne mancelle

 

Né à Conlie, le 6 janvier 1899, André Pioger fit ses études à Conlie, puis à Loué, avant d’entrer à l’École normale d’instituteurs de la Sarthe en 1915, d’où il sortit en 1918. Instituteur à La Ferté-Bernard, puis à l’école Pierre Philippeaux au Mans, il fut nommé, en 1931, directeur du Cours complémentaire d’Écommoy, puis du Cours complémentaire Philippeaux au Mans, où il resta jusqu’à sa retraite, en 1959. Maître d’élite, il donna une impulsion particulière aux établissements qui lui furent confiés, notamment le C.E.G. Philippeaux, développant des contacts avec les écoles de formation professionnelle où il pouvait assurer un débouché à ses élèves.

André Pioger fut mobilisé dans l’artillerie en 1918, puis en 1939, comme capitaine de réserve dans les dépôts d’essence. Démobilisé en 1940, il fut très actif dans les mouvements de résistance, au réseau Century, puis, en 1944, au réseau Sussex. À la Libération, il fut nommé président du comité de la Résistance dans la Sarthe, chargé d’enquêter et de donner des avis sur les nombreuses demandes de statuts d’ancien résistant ou de déporté. Il fut, en parallèle, correspondant pour la Sarthe du Comité national de l’histoire de la Deuxième guerre mondiale. André Pioger fut, pour ses activités au titre de la Résistance, honoré de la Légion d’honneur, de la Croix de guerre 1939-45, de la Médaille de la Résistance et de la Croix de la France libre.

Passionné par l’histoire de son département, André Pioger avait adhéré à notre compagnie dès 1925. Dès 1929, il publiait dans nos mémoires un premier article, À Tennie, de 1787 à 1800. Jusqu’à sa mort, il publia, dans les Mémoires de Sciences et Arts et dans ceux de la Province du Maine, une quarantaine d’articles couvrant l’histoire du Maine, particulièrement sur les découvertes archéologiques et la Champagne mancelle à partir du XVIIe siècle. Il a aussi produit une trentaine d’articles sur la Résistance dans la Sarthe.

Membre du bureau de Sciences et Arts, très présent lors des séances, André Pioger en avait été élu vice-président en 1968. Sa bonhomie et son intégrité en faisaient une personnalité respectée dans les milieux de l’enseignement et des sociétés savantes, comme dans le monde combattant. Il avait été pressenti par André Bouton pour lui succéder au poste de président de Sciences et Arts à l’échéance de janvier 1974. Son décès, le 7 octobre 1973, à l’âge de 74 ans, ne lui permit pas de devenir président de Sciences et Arts.

Le nom d’André Pioger a été donné au collège de Conlie,

sa commune de naissance.

 

 

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24/09/2017
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